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Quand on aime la chanson et que l’on vient à Barjac, quand on voit ce château, ce ciel, la Grande Ourse, ces amis, ce public, ces bénévoles, et ces artistes qui donnent autant qu’ils reçoivent, on se prend à rêver: si seulement il y avait un Barjac dans chaque région de France … la chanson serait sauvée ! Courage et patience, les amis : dans les époques difficiles il y a toujours des collaborateurs. L’avenir est à la Résistance.
Gilbert Laffaille - juillet 05

Accueillie la veille en gare d’Avignon, l’accueil ne cesse plus jusqu’à la fin du festival dans la cour de l’école où tous sont conviés. Allain deux ailes fera danser la gitane au cœur d’un cercle d’amoureux fous de chansons, imbibés, trempés jusqu’à la moelle, saoulés de chansons depuis 6 jours.
Dans la famille Chansons de parole, le père: Jofroi, la mère: Anne-Marie Henin, les nombreux cousins aux sons, lumières, chambres d’hôtes, repas et vin à la régalade, toutes et tous se donnent, pour vous, pour elle, la chanson qui ne court pas les ondes mais ici librement s’élève.
Masqués, méconnaissables sous d’autres hardes, Brel, Brassens, Ferré chantent sur toutes les terrasses.
Salles pleines. Trac côté chanteur et côté spectateur. Que va-t-il se passer? Qui va débarquer? va venir nous chercher comme dit joliment l’expression québécoise: ça vient me chercher. Coup de cœur pour celle-celui-ceux qui vont mettre à jour des choses qu’on ne sait pas dire, encore moins chanter, qu’on tenait cachée en soi où qu’on ne soupçonnait pas. Chanter “une belle façon de pleurer” écrit Marie Noël.
Rendez-vous avec 600 personnes ! On ne m’a pas vu sur scène depuis des lustres. Que va-t-on penser ? Le trac vous prend la gorge. La super décoction d’herbes bonnes pour la voix recommandée par l’épicière de la petite ruelle va arranger les choses.
Ciel offert dans la cour du château. La brise joue avec vos nippes. Caresse joues et bras nus. La mer, on la voit, on la sent, on l’entend vibrer, se gonfler d’émotion, lâcher des rires, moucher des pleurs. La mer de tout ce monde qui l’aime tant la chanson. Fait des kilomètres pour ses beaux yeux, ses belles rimes. Passe des frontières même! Roland et Monique de Suisse venus, grâce à eux, on participera au Festival Rilke de Sierre, dans le Valais.
Les amis de Vendée qu’on n’a jamais le temps de voir, à Barjac, on prendra le temps de tout se dire un midi à l’auberge. Avant d’aller prendre l’air d’un chanteur inconnu aux Capucins. Et tard dans la nuit, possible qu’on prenne des vers ensemble au Lion d’Or.
Le chant des hommes à Barjac ! Le bien que ça fait.
France Léa - juillet 05

A Jofroi et Anne-Marie,
Chansons de parole est une île.
Une offrande de l’été renouvelée chaque année sur un village sans
âge, des vallonnements aux senteurs de lavande où les plantes disputent aux rocs les faveurs du soleil.
Puis la foule, familière, souriante et fidèle parcourt les rues, les
ombrages, les marches du château, les remparts où se croisent avec des sourires complices les artistes invités et ceux qui recherchent l’authenticité d’un art populaire trop souvent bafoué, humilié par la dictature mercantile des médias. Car ici, par l’écriture, la musique, la présence et la voix, des êtres généreux et sensibles viennent rencontrer le plus simplement du monde le public qui respecte et honore leurs choix.
Mes pensées évoquent souvent le regard chaleureux de Jean Ferrat, l’humour assassin d’Allain Leprest sous la complicité bienveillante de Romain Didier, la sensibilité d’Anne Sylvestre, celle de Paule-Andrée Cassidy et, sous les platanes alentour, la remise du Prix Jacques Douai orchestrée par Jacques Bertin.
Les images et les voix parcourent ma mémoire : la fantaisie poétique de Gérard Pierron, la création d’une belle exposition consacrée à Félix Leclerc, le rayonnement facétieux et poétique de Juliette et l’hommage fraternel à François Béranger....
Autant de souvenirs dans l’espérance d’un avenir saisonnier qui chante, déjà, comme une passion vitale.
Jean Dufour - juin 2015

La parole, ça se donne !
Juillet 2008. Chanteur « émergeant » depuis longtemps, voici qu’on m’annonce au programme du Festival de Barjac ! Je navigue entre fierté et légitime inquiétude. Du mieux que je peux, je me prépare à la chose. C’est le moment que choisit mon docteur, que je ne savais pas xénophobe, pour s’en mêler en m’invitant à me débarrasser toute affaire cessante d’un corps étranger. La fierté vire au dépit. Je mets quelques jours à annoncer tristement ma défection à Jofroi et Anne-Marie.
« Fais les choses dans l’ordre, Michel. Pour nous, te voilà au programme de 2009 ! »
C’est tout simple. C’est tout vrai. C’est du bel encouragement que je reçois comme un cadeau qui comptera dans l’année de réparation qui suit. Un an au bout de quoi je vérifie que « Chansons de parole » n’est pas une appellation usurpée.
Le reste appartient à mon histoire, et peut-être à la vôtre, car il m’a semblé n’être pas seul sous le chapiteau en 2009, ni dans la cour du château en 2013 pour des moments de pur partage avec le si fameux «difficile public de Barjac».
Michel Boutet - juin 2015

Je n’ai jamais eu froid dans la cour du château de Barjac. Mais bien souvent, entre ces quatre murs, dans la chaude nuit provençale, j’ai senti des frissons courir le long de mon échine. Frissons... Bonheur d’abord, profond et qui aide à vivre, en entendant Anne Sylvestre évoquer «Le Lac Saint-Sébastien»... Larmes au bord des yeux, émotion intense, qui donne envie de la serrer dans ses bras, lorsqu’ Yvette Théraulaz offre sa vie sous les projecteurs... Sourire, connivence, et tendresse pour Gilbert Laffaille qui évoque le «grillon qui n’a jamais sommeil»...
Souffle puissant quand Jean-Michel Piton chante «C’est beau!»... Et tant d’autres soirs, tant de rires, tant d’amis...
Barjac, c’est vingt ans de rencontres et de partage, vingt ans d’intelligence. C’est la famille qu’on a choisie, et qu’on est impatient de retrouver chaque été. Merci!
Michel Bühler - juin 2015

PAROLES D'ARTISTES


EDITION 2015 - EXTRAITS DE PRESSE